Christian Depover : «Relier recherche et action pour transformer durablement les systèmes éducatifs francophones.»

Enseignant-chercheur reconnu en ingénierie de la formation et en technologies éducatives, Christian Depover a contribué à structurer la dimension scientifique d’IFADEM. À l’occasion des 20 ans de l’Initiative, il revient sur le rôle de la recherche-action dans l’évolution du dispositif, ses effets sur la professionnalisation des enseignant(e)s et les défis à relever d’ici 2030.
Professeur à l’Université de Mons et à l’Université libre de Bruxelles, Christian Depover figure parmi les pionniers de la formation ouverte et à distance dans l’espace francophone.
Au sein d’IFADEM, il a notamment coordonné des études d’évaluation des dispositifs hybrides, contribué au cadre méthodologique des micro-modules d’apprentissage et participé à des travaux scientifiques sur la formation continue des enseignant(e)s.
Comment la recherche-action a-t-elle influencé l’évolution d’IFADEM depuis ses débuts ?
« Elle a permis d’ajuster progressivement les approches pédagogiques pour qu’elles correspondent aux réalités des pays, tout en restant alignées sur les priorités internationales - améliorer la qualité, l’inclusivité et la durabilité de l’éducation-. Les bilans conduits dans plusieurs contextes ont mis en évidence les conditions nécessaires à une formation plus efficace : une présence tutorale renforcée, l’intégration raisonnée du numérique et une co-construction systématique avec les équipes nationales. Ce travail a installé une véritable culture de suivi scientifique et d’évaluation, indispensable pour améliorer durablement les dispositifs. »
Quels changements majeurs observez-vous dans la professionnalisation des enseignant(e)s ?
« IFADEM a donné accès à une formation continue structurée, souvent pour la première fois via des outils numériques simples. Les échanges réguliers entre tuteur(-trice)s et enseignant(e)s — que ce soit en présentiel, en ligne ou par téléphone — ont joué un rôle déterminant dans l’évolution des pratiques de classe. Dans certains pays, comme à Madagascar, les réseaux d’entraide constitués durant la formation ont continué à fonctionner après la fin du dispositif, signe d’une appropriation solide et durable. »
Quelles sont, selon vous, les priorités pour renforcer l’impact d’IFADEM à l’horizon 2030 ?
« Trois axes me semblent déterminants. D’abord, renforcer le suivi pédagogique et l’accompagnement en classe, en étroite collaboration avec les cadres nationaux afin d’assurer un véritable changement de pratiques. Ensuite, développer une communauté IFADEM plus structurée et plus visible, favorisant les échanges entre pays et la reconnaissance internationale du dispositif. Enfin, la consolidation des solutions numériques — notamment pour maintenir un accompagnement après la formation — constitue l’une des conditions clés pour installer un modèle durable de formation continue des enseignant(e)s. »















