20 ans d’engagement aux côtés d’IFADEM

Arrivée en 2007 dans l’aventure IFADEM depuis son poste au ministère de l’Éducation du Burundi, Concilie Mbwayiba a traversé toutes les étapes du dispositif : coordinatrice des concepteurs de contenus, cheffe de projet pays, puis membre de la coordination internationale. Un parcours engagé qui raconte un dispositif construit avec les pays, porté par l’innovation et ancré dans les dynamiques professionnelles des pays de l’espace francophone.
1 — Vous avez connu IFADEM depuis les missions exploratoires. Qu’est-ce qui rendait ce dispositif si différent dès ses débuts ?
« Dès les premières missions, j’ai compris qu’IFADEM introduisait un autre paradigme. On parlait de formation à distance alors que tout se faisait en présentiel. Et surtout, pour la première fois, on construisait un projet avec les bénéficiaires et non pour eux. Les équipes d’experts internationaux venaient écouter, observer les classes, analyser les besoins avec nous sur le terrain. Cette co-construction a guidé toute la suite : on développait ensemble, on pilotait ensemble, on évaluait ensemble.
L’innovation pédagogique et technologique faisait déjà partie de l’ADN d’IFADEM, mais toujours de manière progressive et adaptée. Dès 2008–2010, nous intégrons un dispositif hybride couplé à l’usage des TICE : plateforme de formation, radio et usage du téléphone portable pour soutenir la formation professionnelle. La crise du COVID a accéléré ces évolutions numériques qui s’appuient aujourd’hui sur l’IA. IFADEM a su se réinventer face aux défis, rester fidèle à sa vision de départ et garder le cap : anticiper, s’adapter, évoluer. »
2 — Votre propre parcours incarne la manière dont IFADEM valorise les ressources nationales. Comment l’avez-vous vécu ?
« Les acteurs du dispositif IFADEM bénéficient eux-aussi de formations en lien avec leurs responsabilités professionnelles. Moi-même, j’ai bénéficié de formations universitaires en gestion de projet et en ingénierie de formation. C’est une marque forte de durabilité du dispositif, et une de ses réussites les plus méconnues.
Ainsi, IFADEM développe un véritable vivier d’expertises nationales. On nous forme, on nous accompagne, on nous confie des responsabilités, jusqu’à devenir des experts mobilisables dans d’autres pays partenaires de l’initiative. »
3 — Vous parlez d’une forte coopération Sud–Sud. En quoi IFADEM l’a-t-elle rendue possible ?
« Elle s’est développée grâce au vivier d’experts nationaux formés par IFADEM qui sont mobilisés dans d’autres pays partenaires. Expériences des acteurs et bonnes pratiques sont ainsi diffusées entre les pays en phase de déploiement et ceux qui rejoignent le dispositif. J’en ai fait l’expérience : formée au Burundi en tant que chargée de projet, j’ai ensuite accompagné la RDC, Madagascar, la Côte d’Ivoire et le Sénégal en phase d’expérimentation et Haïti en phase de déploiement.
Ce partage d’expertise entre pays du Sud est devenu un moteur fort de mutualisation, d’innovation et de durabilité. Avec IFADEM, les compétences développées dans un pays servent à en accompagner d’autres. C’est l’une des forces du dispositif : s’appuyer sur les ressources existantes et valoriser les acquis. »















